Here I'm... Again

Here I'm... Again
C'est reparti!
Tant que j'ai des idées autant les exprimer. =D
J'espère que vous suivrez autant que les autres.



Tant qu'on y est, et parce que je n'ai pas toujours l'impression que les gens sans rendent compte, il y a des personnes à qui je voudrais spécialement m'adresser parce qu'ils me rendent plus forte tous les jours.

Ma sangsue ou mon autiste, ça marche aussi, à présent trompette, toi qui a peur que je m'envole quand il fait mauvais comme ces derniers temps, sache que temps que tu seras là je garderais les pieds sur terre! Je pense que tu ne sauras jamais à quel point te rencontrer m'a fait du bien, le sourire que j'avais perdu est réapparu grâce à toi... Je m'attache pas vite aux gens de peur d'avoir trop mal quand il me blaisserons mais avec toi toutes mes barrières se sont écroulées.

Gaby, toi tu es juste toi, simple et toujours à l'écoute et c'est formidable d'avoir quelqu'un comme toi avec qui parler, tu écoutes toutes mes élucubrations sans jamais te plaindre et tu dois en avoir du courage pour ça.

Kinky, je sais que toi aussi un jour ou l'autre tu finiras par attérir sur ce sky alors je me dois de penser à toi (ce que je fais toute façon tous les jours). Ben tu es ma kinky, la seule, l'unique! La folle qui sourie presque aussi horriblement que Olivia quand tu te concentres, la seule avec qui on peut parler de jus pendant des heures (et là heureusement tu seras là seule à comprendre). Ton ptit Tom on ira le voir toute les deux comme on l'a prévu. Le concert à l'Astoria était inoubliable et en partie grâce à toi! Je serais là quand tu en auras besoin comme tu m'a soutenue quand je n'allais pas bien le mois passé. Je t'aime ma Kinky Fletcher. Et puis gardons espoir The Kinky Bitches finira par fonctionner!

Ptite soeur c'est dernier temps je ne suis pas en mesure de te dire les choses comme avant mais ça reviendra, rien que le fait de t'appeller à nouveau comme ca me fait tout bizar... Les choses s'arrangeront, je suis plus convaincue que jamais que rien ne peut nous séparer.

# Posté le samedi 08 décembre 2007 15:22

Modifié le samedi 23 février 2008 03:13

Better find another solution, why not phone up robin hood and ask him for some wealth distribution.Punk rockers in the uk they won't notice anyway they're all too busy fighting for a good place under the lighting. The new groups are not concerned with what there is to be learned. They got burton suits, ha you think it's funny turning rebellion into money Joe Strummer and Mick Jones

Better find another solution, why not phone up robin hood and ask him for some wealth distribution.Punk rockers in the uk they won't notice anyway they're all too busy fighting for a good place under the lighting. The new groups are not concerned with what there is to be learned. They got burton suits, ha you think it's funny turning rebellion into money    Joe Strummer and Mick Jones
- C'est votre truc ça: me poser des questions auxquelles vous avez déjà les réponses.
- Le but est que nous établissions un dialogue...
- Dire que vous avez reçu un diplôme pour ce genre de conneries... Et que Kate et Paul vous paye pour me sortir votre putain de psychanalyse...
- Elizabeth, me dit-il en inspirant profondément, vos parents vous envoient ici pour que vous exprimiez votre mal-être...
- Et si moi je pense que ça ne sert à rien? J'en ai vu des dizaines des psy's dans votre genre. Tout va bien! JE vais bien! Je ne suis pas comme ces cinglés qui patientent dans votre salle d'attente.
- Il va de soi que je ne peux vous forcer. Ca fait deux mois que vous venez me voir à raison de 3 fois par semaine et nous en sommes toujours au même point. Et puisque vous ne voyez pas l'intérêt de cette thérapie, je ne vois pas d'autre alternative que de nous arrêter là.
- Ca me va, m'exclamais-je bien fort, faisant comprendre à l'homme que j'étais ravie de cette décision.

Je me levai, remis nerveusement mon pull en place et, la main déjà sur la poignée de la porte, m'apprêtai à sortir.

- Vous allez plus mal que ce que vous imaginez.
- C'est vous qui le dites.

Je partis sans me retourner, sans au revoirs comme j'avais l'habitude de le faire. Dans la rue, je remarquai Kate, appuyée négligemment contre une auto grise métallisée. Je soupirai et, pas après pas, me rapprochai de la femme.

- Ah te voilà, me lança-t-elle, un sourire accroché à ses lèvres. Un de ces sourires qu'elle voulait convaincant mais qui sonnait faux.

Pour toute réponse, je grimpai dans la voiture, côté conducteur et fut rejointe par Kate.

- Tu me donnes les clés?
- Que t'a dit le docteur?

Je soufflai bruyamment et tournai la tête vers la gauche afin de la gratifier d'un regard.

- Je ne dois plus aller le voir.
- Tu vas mieux??? Oh ma chérie c'est formidable!

Elle eu un élan d'amour et voulu me prendre dans ses bras mais je restai stoïque et elle reprit sa contenance.

- Je n'étais pas malade ! On arrête, c'est tout. Tu me donnes les clés maintenant, dis-je en levant les sourcils.
- Ton père et moi, on s'inquiète...
- Je sais Kate!

Je la vis blêmir à l'entente de son prénom. Jamais, depuis que j'avais été placée chez elle, je n'avais pu me résoudre à l'appeler maman.

- On en reparlera à la maison. En réalité, nous avons pris plusieurs décisions à ton sujet...
- Tant de mystère, je trépigne d'impatience!

Mon sarcasme la frappa de plein fouet une fois de plus et elle perdit son regard triste dans le vide. Elle était lasse de mes paroles qui manquaient sensiblement de tact. Toujours les mêmes mots blessants qu'elle et Paul encaissaient en silence. J'avais conscience de mon comportement mais ne changeais pas pour autant. J'avais toujours été quelqu'un de calme, une petite fille douce qui disait oui à tout. Mais depuis que l'on m'avait privée de mes parents, que l'on m'avait envoyé loin de chez moi, je me rendais la plus désagréable possible et ce petit jeu avait finit par me divertir. La méchanceté était devenue ma seconde nature et je me dressais contre la moindre personne à qui cela ne convenait pas. Kate et Paul avaient été les premiers à en subir les conséquences, essayant vainement de me punir, pour telle remarque impolie de ma part ou tel geste obscène, pour tenir le rôle de parents qui était le leur mais avaient vite abandonner la partie. J'avais toujours le dernier mot. Je gagnais toujours! Je gagnais depuis près de 9 ans.
A cette pensée, je souris. Le moteur vrombit, j'examinai le rétroviseur et rejoint la route tout en augmentant la pression de mon pied sur la pédale de l'accélérateur.

[ . . . ]

Je frottai énergiquement mes pieds contre le paillasson et entendit la voix enjouée de Paul s'élever depuis le salon.

-Mes deux petites femmes qui rentrent à la maison.

Agacée et n'ayant aucune envie de passer mon temps en tête à tête avec eux, j'agrippai la rampe dans l'idée de filer droit dans ma chambre, pour retrouver mon univers, le seul endroit qui m'accordait un moment de répit et où je baissais ma garde. J'avais déjà gravis la première volée de marche lorsque Paul me rattrapa.

- Ne monte pas tout de suite, ta mère t'a dit que nous devions t'exposer certaines choses.
- Effectivement, elle m'en a informé et je pensais lui avoir fait comprendre que ce que vous avez à me dire ne m'intéresse pas.

Je vis sa mine dépitée et, d'un seul coup, j'eu pitié de l'homme qui se tenait en face de moi.

-Je sais que ça vous fait du mal quand je vous parle de cette façon, bégayais-je, étonée par la douceur inhabituelle que prenait soudain ma voix, que quand je suis arrivée vous vous attendiez à enfin avoir l'adorable petite fille que vous espériez depuis des années mais je ne peux pas... C'est au dessus de mes forces... J'suis morte, j'veux juste aller me reposer.
- C'est important.

Le ton de sa voix était autoritaire. Comme je venais de lui expliquer j'étais fatiguée et, par conséquent, incapable de m'énerver pour obtenir le repos que je quémandais. Je le suivis à la cuisine en traînant des pieds. Chaque recoin de la pièce étincelait et l'image de Kate, astiquant avec force le mobilier, me vint à l'esprit. Sur la petite table de bois ronde, un fascicule, plusieurs enveloppes et un billet de train étaient disposés. Ma mère d'accueil était assise à sa place habituelle et se rongeait les ongles nerveusement. Paul s'immobilisa derrière elle, posant ses mains sur les épaules de son épouse.

-Vous avez une de ces putains de tête d'enterrement, je ne vous dis pas... Même à celui de mes parents je n'en ai pas vu de plus glauque.

Mon rire cristallin, seul vestige de mon vrai caractère, résonna mais les deux adultes restèrent de marbre. Peu habituée à ce qu'ils ne rient pas avec moi, je m'assis sur le plan de travail et les observai quelque peu inquiète.

-Ma chérie, on a beaucoup réfléchi et... Dit lui Paul, moi je ne peux pas.

Elle enfuit son visage dans ses mains et des reniflements courts m'arrivèrent aux oreilles.

- Il est évident qu'on ne peut pas te rendre heureuse, on a essayé mais tu ne t'ouvres pas à nous... On t'a pris un billet de train pour Londres. Un couple d'amis tient un établissement pour étudiant. Tu seras libre d'aller et venir comme bon te semble du moment que tu suis les cours...
- Quels cours???
- On t'a inscrite dans une école de graphisme, ajouta-t-il le regard fuyant, l'école se trouve au rez-de-chausée de l'immeuble de nos amis.
- Vous me foutez dehors?
- On a tout fait Elizabeth, mais tu n'es pas disposée à te conduire correctement envers nous.

A peine avait-elle lâché ces mots que ses pleurs reprirent de plus belle. Je sautai à pieds joints sur le carrelage et posai mes mains sur la table, les regardant tous les deux droit dans les yeux.

-Je ne suis pas l'enfant prodige attendus du coup vous ne trouvez rien de mieux à faire que me mettre à la porte ? Parfait. Je fais mon sac et je m'en vais. Ici ou là bas, ça change rien pour moi. Je trouverais peut-être d'autres pigeons dans votre genre...

J'avais parlé en détachant chaque mot, chaque syllabe, pesant chacun des termes que j'utilisais. Le claquement de la main de Paul sur ma joue retentit.

- Enfin une réaction. Après 6 ans durant lesquels vous vous êtes écrasés comme de la vermine, tu réagis. Moi qui croyais que tu ne lui avais pas donné de gosse parce que tu n'avais rien dans le pantalon.
- Tu as dix minutes pour embarquer ton sac, je t'attends dans la voiture.
Il sortit de la pièce alors que Kate se levait, les yeux rougis.

# Posté le samedi 08 décembre 2007 16:24

Modifié le jeudi 21 août 2008 11:38

Get out the way, mister with your short sharp tips. No, I won't read your lips right now. And baby, hey You send a shiver down my spine, but do you read my mind, do you... And you're looking pretty suspicious and probably planning a heist. He's wanting to go to the strippers, It makes him feel all nice. Arctic Monkeys

Get out the way, mister with your short sharp tips. No, I won't read your lips right now. And baby, hey You send a shiver down my spine, but do you read my mind, do you... And you're looking pretty suspicious and probably planning a heist. He's wanting to go to the strippers, It makes him feel all nice.  Arctic Monkeys
Le quai était désert, pas un chat ! Paul m'y avait déposé il n'y a pas 5 minutes, sans ajouter un mot de plus depuis notre départ de la maison. Je vérifiai une ultime fois que j'avais tout : billet, dossier d'inscription, formulaire pour l'internat, argent et, le plus important, mon portable, sans lequel je n'allais nulle part. Le vent se mit à souffler et je remontai mon écharpe sur mon nez. J'avais fait la forte mais à l'intérieur j'étais morte de trouille, réalisant petit à petit que, pour la première fois de mon existence, je n'avais personne pour guider mes pas. Il y avait toujours eu quelqu'un : mes parents, les assistants sociaux, mes nombreuses familles d'accueil... Là, c'était moi et rien que moi. Je respirai un grand coup comme pour me donner du courage. Je pensai à Matt. Tout compte fait, il ne valait mieux pas y penser ! Je me concentrai sur l'arriver du train. Ce n'était vraiment pas le moment de penser à Matt...

[ . . . ]

Contrairement à ma petite gare de province, Liverpool Street était bondée. Ma respiration s'intensifia un court instant. Toutes ces personnes, autours de moi, me donnaient le tournis. Mes paupières se clorent et enfin je me calmai, marchant, d'un pas que je voulais sur, vers le métro. L'arrivée à l'école se déroula sans encombres. Tout avait été parfaitement orchestré par Kate et Paul. Une chambre m'attendait dans les étages du bâtiment.
La première chose qui me frappa et me mit hors de moi, fut le deuxième lit que contenait la chambre en question.

-Je vais devoir faire abstraction de mon envie de solitude...

Je m'installai sur le matelas non recouvert de draps, que je devinai être le mien. Je soulevai le petit miroir qui se dressait sur ma table de nuit et le portai à mon visage. Le reflet n'avait pas changé. Les mêmes cicatrices apparaissaient inlassablement chaque jour. J'effleurai ma joue du bout des doigts et sentis le relief des petites traces blanches. Bien sur avec le temps, elles s'étaient, et allaient encore, s'estomper mais je savais qu'elles étaient là et me rappelaient, à chaque seconde, que mon père et ma mère, eux, ne l'étaient plus.
Une grande rousse, débardeur rouge écarlate et trop court, perchée sur d'immenses talons, fit son apparition.

- La nouvelle.

Ces deux petits mots m'avais suffit pour la cerner. Antisociale par la force des choses, je n'étais pas ravie de partager ma chambre mais c'était sans compter le fait que je tombe en plus sur une de ces greluches que je détestais profondément.

-On vas faire comme ça : chacune dans son coin, tu m'adresses pas la parole, tu me fous la paix et tout le monde sera content.
- On voit que t'es nouvelle toi.

Elle enjamba un soutien gorge qui jonchait sur le sol et me tendit sa main, dont les ongles étaient parfaitement manicurés. Un immense sourire accompagna son geste.

- T'es bouchée ? Chacune son espace vital et là t'es en plein dans le mien. Puis, franchement, ton sourire Colgate garde le pour les mecs qui te sauteront cette année.

Je lui tournai le dos et vidai mon sac de tout ce qu'il contenait. La photo de mes parents et mes bouquins favoris furent placés sur ma table de chevet. Le rangement des vêtements serait pour plus tard. Je punaisai rapidement un dessin, représentant une paire de mains enlacées, à la tête du lit et m'affalai mollement sur celui-ci, attrapant le premier bouquin de la pile que j'avais érigée. Ma compagne de chambre m'observait, comme si j'étais une bête de cirque ce qui avait le don de m'énerver.

- Je m'appelle Shannon.
- Et bien ça te va à ravir.

Je plongeai dans ma lecture, ignorant royalement la jeune fille qui tentait d'établir le contact.

- Tu lis quoi ?
- L'histoire de ta vie.
- Pardon ?
- Ta biographie ! « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée... »

Elle me regarda fixement, attendant des mots qui ne viendraient pas puis disparut en claquant la porte.

- Elle est coriace celle-là. Je sens que la cohabitation va être houleuse...

En réalité j'étais loin du compte en me disant ça. Shannon s'était montrée tout aussi infecte que moi et nous étions incapable d'être au même endroit plus de 5 secondes. En deux mois, elle avait fait courir des rumeurs plus folles les une que les autres sur mon compte. Un coup j'étais lesbienne, un coup prostituée ou encore séropositive. Il y avait même un garçon qui m'avait abordée en me demandant de confirmer le fait que j'étais la fille cachée du prince Charles...
J'avais finit par m'en amusée et Shannon avait stoppé son petit jeux comprenant que ça ne me gênait en rien.

[ . . . ]

Vu les cordes qui tombaient cet après-midi là et puisque j'étais dispensée de cours, je fus obligée de rester dans ma chambre, coincée en tête-à-tête avec Shannon. Cette dernière venait de déballer une barre de chocolat et en approcha un bout de sa bouche. Sans décoller mes yeux de mon roman, je m'adressai à la jeune fille.

- Quand tu te foutras deux doigts dans la gorge, prise soudain de remords, essaye de viser la cuvette des toilettes cette fois-ci.
- A ta place je ne ferais pas de commentaire.

Tout à coup intéressée par la jeune fille, je la fixai, enjouée par son audace inhabituelle.

- On fait sa crise d'adolescence à retardement?
- Tu sais très bien de quoi je parle: de nous deux, ce n'est pas moi qui ai passé un mois à vomir tous les matins dans la salle de bain! J'avais tout envisagé à ton sujet mais pas le fait que tu te sois faite engrosser par un type qui devait sûrement être bourré quand il t'a chopée!

Les muscles de mon visage se contractèrent. Je serrai les poings, sentant la colère monter en moi.

- Oh, j'ai touché un point sensible on dirait.

Elle ricana. C'était la toute première fois, en 9 semaines de cohabitation, qu'elle réussissait à me blesser.

- Au moins t'auras enfin quelque chose de véridique à raconter sur mon compte, marmonnais-je entre mes dents.

J'enfilai ma veste, enfonçai mon bonnet sur le sommet de mon crâne et tournai les talons.

# Posté le dimanche 09 décembre 2007 13:18

Modifié le lundi 14 janvier 2008 03:47

I'm sittin' here tryin' to entertain myself with this old guitar, but with all my inspiration gone it's not getting me very far. I look around my room and everything I see reminds me of you. Oh please, baby won't you take my hand, we've got nothing left to prove. And I didn't mean to meet you then we were just kids. And I didn't mean to give you chills the way that I kiss. And I didn't mean to fall in love, but I did... Plain White T's

I'm sittin' here tryin' to entertain myself with this old guitar, but with all my inspiration gone it's not getting me very far. I look around my room and everything I see reminds me of you. Oh please, baby won't you take my hand, we've got nothing left to prove. And I didn't mean to meet you then we were just kids. And I didn't mean to give you chills the way that I kiss. And I didn't mean to fall in love, but I did... Plain White T's
J'avais toujours aimé la pluie. Assise dans le petit jardin de l'école, je la regardais tomber à grosse goutte. Les yeux hagards, j'essayais de me calmer, prenant de longues et profondes inspirations. Quelqu'un s'était approché de moi mais je n'en tins pas compte puisque je ne connaissais personne, hormis la charmante Shannon.

- Quand j'étais petit, je restais des heures sans bouger à essayer de compter le nombre de goutte qui s'écrasait sur le sol.

Je gardai mon regard fixé sur un point imaginaire, ne sortant pas de mon mutisme. Il s'installa à quelques mètres de moi, je ne cillai pas.

- Aimer la solitude n'implique pas le fait d'être continuellement seule.

Sa remarque m'interpella et je me décidai à le regarder. Je l'avais vu quelques fois dans les couloirs, je pensais même me souvenir être dans sa classe de dessin. Il avait les cheveux châtains, coupés courts. Ses yeux bleus étaient d'une profonde intensité. Je dus avouer qu'il avait réussi à éveiller ma curiosité mais je ne bronchai pas et ne desserrai pas les dents. Lentement, il se releva.

- Tu devrais rentrer, être coincée avec Shannon ne vaut pas la peine de tomber malade pour l'éviter, et c'est ce qui risque d'arriver si tu continues à te faire tremper.

Il était clair qu'il en savait plus sur ma personne que moi sur lui et je me sentis mal à l'aise. Le garçon me tendit la main pour m'aider à me relever. Je m'appuyai sur le sol, refusant son assistance, et fus debout dans les deux secondes suivantes.

- Solitaire et orgueilleuse, dit-il en riant.

Je le fusillai du regard et regagnai la chaleur du bâtiment.

[ . . . ]

A peine fus-je arrivée dans notre chambre, Shannon me sauta à la gorge.

-Qu'est ce que tu faisais avec MON Dougie Poynter?
- Avec quoi tu viens l'anorexique?
- Dougie Poynter! Le type qui était à côté de toi dans le jardin!
- Ah lui..., répondis-je en observant la jalousie qui semblait transpirer de tous les pores de son visage, ben on discutait de la prochaine fois qu'on coucherait ensemble. J'lui ai proposé ton lit, il avait l'air partant.

Je me rapprochai, faisant abstraction du dégoût que j'éprouvais à l'idée d'une proximité avec la jeune fille, pour lui murmurer la fin de ma phrase.

- Visiblement il mourrait d'envie de le faire dans celui de quelqu'un d'autre...

Sa mine dépitée me fit éclater de rire. Elle comprima sa couette entre ses doigts et devint rouge écarlate.

- Comment peut-il s'intéresser à un laideron dans ton genre?!
- Il en a peut-être marre des pouffes artificielles dans le tien!

La sonnerie retentit, prévenant du début imminent des travaux pratiques. Je me débarrassai de mon polo mouillé et du jean qui me collait aux jambes, sans prêté attention à la présence de ma colocataire, et m'emparai d'une robe noire dans ma penderie. Mon sac sur le dos, je me relevai les cheveux en une longue queue de cheval et sortis dans le couloir afin de cheminer vers l'ascenseur. Shannon y monta avec moi et nous fûmes rejoint par le fameux Dougie ainsi que deux de ses amis. Ma compagne de chambre rayonna à la vue du garçon, passant une main dans sa chevelure.

- Salut Dougie, gloussa-t-elle.

Je levai les yeux au ciel, impressionnée par le pathétisme de la situation. Le petit "tilt" de l'ascenseur indiqua la fermeture des portes.

- Bonjour Shannon, renchérit-il.

Un deuxième tintement se fit entendre et nous eûmes vue sur le rez-de-chaussée. Décidée, je marchai jusqu'à mon local, la main sur la sangle de mon sac à dos.

[ . . . ]

Le week-end débutait et toujours la même pluie se déversait à l'extérieur. Je me recroquevillai sous ma couette, posant mes mains sur mon ventre. Automatiquement, mes pensées s'envolèrent vers Matt. Toujours les mêmes interrogations qui faisaient surface dans mon esprit. Mon regard vacilla vers mon réveil: 10h00. Je m'étirai quelques secondes puis sortis mes jambes du lit et passai mes pieds dans de petits chaussons beiges. J'aimais le samedi. Les trois quarts des étudiants étaient retournés dans leur famille la veille et ne seraient de retour que le lendemain, en fin de journée. J'aimais voir l'école vide et, surtout, j'appréciais que le lit de Shannon soit vide. 34 heures de sursis! A mon aise, je me douchai et ensuite m'habillai. En m'examinant dans le miroir, mes yeux dévièrent de mes cicatrices au petit arrondi qui se dessinait au niveau de mon bas-ventre. Une larme roula le long de mon visage, je l'effaçai du revers de la main.
Vers les 14h00, je pris la décision de mettre un pied dehors, histoire de respirer un peu d'air frais. Devant la porte de l'établissement, je fouillais dans mon sac, qui, ayant vécu tellement de choses, tombait quasiment en charpie, à la recherche d'une cigarette.

- Aller!, dis-je en écartant mon portefeuille pour éclaircir mon champ de vision, je suis sûre que j'ai un paquet qui traîne...

Concentrée, je continuais mes prospections lorsqu'une main se tendit devant moi, m'offrant la cigarette tant espérer.

- Je pense que c'est ce que tu cherchais non?

Je remarquai un petit tatouage représentant le c½ur de The Used à l'intérieur du poignet de l'inconnue et levai la tête vers elle.

- Oui... Merci.

Une fille, plus petite en taille que moi, blonde, se dressait en face de moi. Elle inspirait confiance, ce qui me fit lui sourire.

- Y a pas de quoi.

Le tabac crépita et je soufflai longuement pour recracher une fumée presque noire.

- Tu devrais arrêter, ce n'est pas idéal quand on est enceinte. C'est pour quand?
- Vous avez vraiment que ça à foutre ici? Vous abreuvez des histoires personnelles des autres pour en faire des sujets de conversation, c'est pitoyable...
- Visiblement ton état n'arrange pas les sautes d'humeur. Une fois que les hormones travaillent, c'est l'enfer.

Elle ria. Un rire franc, incomparable à celui des filles de notre âge qui rient plus pour se faire remarquer que parce qu'elles ont cette soudaine poussée de bonheur incontrôlable. Ca me donna envie d'aller vers elle, ce qui n'avait plus surgi en moi depuis longtemps. D'un coup de talon, j'écrasai mon mégot.

- Je m'appelle Elizabeth.
- Moi, c'est Sandra.

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 03:28

Modifié le dimanche 13 janvier 2008 06:36

First there was the one who challenged all my dreams and all my balance. She could never be as good as you. You could be my unintended choice to live my life extended. You should be the one i'll always love Muse

First there was the one who challenged all my dreams and all my balance. She could never be as good as you. You could be my unintended choice to live my life extended. You should be the one i'll always love Muse
Elle m'avait offert un cappuccino au Starbucks du quartier et nous avions parlé littérature. Avec de grands gestes, qui appuyaient ses déclarations, elle me raconta un petit bout de sa vie, s'attardant sur les années où elle avait découvert les joies de la lecture et le bonheur d'avoir un père bouquiniste. J'étais mal à l'aise au commencement, angoissée par le fait que, à mon tour, je devrais lui parler de ma vie mais, instinctivement je crois, elle avait capté ma peur et avait monopolisé la conversation, pour ma plus grande joie. Grâce à Sandra, j'oubliai mes problèmes liés à mon passé, du moins le temps d'un week-end.
Le dimanche soir, nous nous échangeâmes certains livres. Mais la paix qui m'avait gagnée s'évapora lorsque Shannon rentra. Elle posa sa valise au pied de son lit et j'eu droit à la rengaine traditionnelle.

- Alors la grosse, ton week-end? Je vois que tu t'ai trouvé une copine, tu te décides à te civiliser pour que ton mouflet ai quelqu'un d'autre que toi dans sa vie?

Nous l'ignorâmes et je raccompagnai Sandra jusqu'à sa chambre. Sur le pas de la porte, elle me tendit un dernier ouvrage.

- C'est fantastique, tu me diras s'il t'a plut. Et puis pour Shannon...
- Si tu savais à quel point ça me passe au dessus de la tête.
- On verra si elle ouvrira toujours sa grande gueule d'ici quatre mois quand le bout de chou sera là et qu'elle non plus ne dormira pas de la nuit.
- J'lui offrirais un meilleur fond de teint pour couvrir ses cernes. Oh non pas lui...

Je venais d'apercevoir Dougie, toujours la même expression de confiance sur le visage, qui marchait dans le couloir.

- Lui qui?
- Le brun derrière toi. C'est probablement le type le plus arrogant que j'ai jamais vu...

Elle se retourna pour voir de qui je parlais et se mis à crier:

- DOUGLAS!

A l'entente de son prénom, le garçon sourit et vint dans notre direction. Une fois à notre niveau, la jeune fille se pendit au cou de Dougie et l'embrassa sur la joue.

-Douglas, je te présente Elizabeth.

Comprenant que Dougie était un de ses amis, je rougis de mes paroles et enfonçai profondément mes mains dans les poches de mon pantalon.

- On se connait. J'ai rencontré mademoiselle dans le jardin la semaine dernière.

Je le considérai avec dédain et n'en dit pas plus que lors de notre première rencontre.

- Il semblerait que tu n'as toujours pas retrouvé l'usage de ta langue.

Sentant l'exaspération monter en moi, je me décidai à prendre congé auprès de Sandra.

- J'vais rejoindre ma chambre, on se voit demain en cours?
- Miracle elle a parlé!
- Ta gueule Douglas! Ca marche pour demain, on peut se retrouver pour le petit déjeuner si tu veux?
- Je ne préfère pas. Je ne mange pas le matin, on se verra en cours d'informatique.

Je tournai les talons et dévalai les escaliers. Sans comprendre comment il avait fait, sur le pas de la porte de ma chambre, Dougie attendait. Je le poussai pour pouvoir actionner la poignée mais il me retint.

- Tu ne sais pas te contenter de foutre la paix aux gens toi?

Une seconde fois, je le poussai mais plus violemment, ce qui me permis d'enfin ouvrir la porte.

- Ca t'arrives de dire au revoir quand tu quittes des gens?

J'entendis, dans mon dos, Shannon faire un bond, probablement à la vue du jeune homme.

- Jamais.

Et je refermai la porte sur le nez du garçon.

[ . . . ]

- Je t'assure! Il est "heathophobe" le réalisateur: y a que Heath Ledger qui meurt dans ce navet, c'est totalement injuste!

Je rigolai et pénétrai dans ma chambre.

- Je ne me sens pas très bien, j'crois que je vais me reposer.
- Oh aller Beth viens s'il te plait! Tu m'avais promis et...
- Je n'ai pas envie de sortir! Rester avec toi de temps en temps je veux bien mais j'ai besoin d'être seule sans une fille qui me colle au cul, c'est clair?
- Très clair...

Elle me toisa méchamment et m'abandonna sans un mot de plus. Je me saisis d'un crayon sur le bureau que l'on se partageait Shannon et moi et l'entortillai dans mes cheveux pour les faire tenir en chignon. Après avoir tourner en rond une centaine de fois, j'émis un petit cri aigu. J'avais été froide, agressive et ignoble. Encore...
La grande aiguille de l'horloge était placée sur le "4".

- 16h00 piles... Chocolat chaud.

Je gagna le Starbuck's pour finalement changer d'avis et me mettre à la recherche d'un EAT. Mon gobelet brûlant en main, l'idée d'acheter un livre à Sandra, pour me faire pardonner, germa dans mon esprit. Je regardai de chaque côté de la route et je traversai prudemment.

# Posté le samedi 22 décembre 2007 08:51

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 05:51